Comment vendre localement sur internet : le guide du commerce de quartier
Vos clients ont changé une petite habitude. Avant de passer chez vous, ils sortent leur téléphone. Ils cherchent « fromager près de chez moi », vérifient vos horaires, regardent si vous avez encore ce pull bleu en taille M. Et si vous n’êtes pas sur internet, ils trouvent quelqu’un d’autre, parfois à 300 kilomètres.
Bonne nouvelle : vendre en ligne ne veut pas dire expédier des colis dans toute la France. On peut très bien vendre sur internet à ses voisins. Voici comment faire, simplement, sans y passer ses soirées.
Pourquoi vendre en ligne quand on a une boutique de quartier ?
Parce que votre boutique ferme le soir, et que vos clients, eux, font leurs courses à 22 h depuis leur canapé. Une boutique en ligne travaille pendant que vous dormez :
- les clients peuvent commander la veille et passer chercher leur commande le lendemain ;
- ceux qui ne connaissent pas encore votre magasin découvrent vos produits avant de pousser la porte ;
- vos habitués commandent même quand ils n’ont pas le temps de passer flâner ;
- vous savez à l’avance ce qui part, et vous préparez tranquillement.
Et ce n’est pas réservé aux grandes enseignes. Un potier, une épicerie fine ou un fleuriste ont souvent plus à y gagner qu’une chaîne nationale, parce que leurs clients sont juste à côté.
1. Soyez trouvable sur Google Maps
Avant même de parler de boutique en ligne, commencez par la fiche Google Business Profile. C’est gratuit, et c’est elle qui apparaît quand quelqu’un cherche votre métier dans votre ville.
- indiquez vos horaires exacts, y compris les jours fériés (rien de pire qu’un client devant une porte fermée) ;
- ajoutez de vraies photos de votre boutique et de vos produits ;
- demandez à vos clients contents de laisser un avis, et répondez à chacun ;
- mettez le lien vers votre boutique en ligne : c’est le pont entre la vitrine et le panier.
2. Proposez le retrait en magasin
Le retrait en magasin, qu’on appelle aussi « click and collect », est le meilleur ami du commerce local. Le client commande et paie en ligne, puis passe chercher sa commande quand il veut.
- pas de frais de port, ni pour vous ni pour lui ;
- pas d’emballage à prévoir pour un long voyage ;
- le client revient chez vous, et repart souvent avec un petit quelque chose en plus.
C’est aussi rassurant pour les clients qui hésitent à acheter en ligne : ils savent qu’ils vous verront en vrai.
3. Livrez autour de chez vous
Pour les clients qui ne peuvent pas se déplacer, vous avez plusieurs possibilités :
- le point relais (Mondial Relay par exemple) : économique, et il y en a dans presque tous les quartiers ;
- Colissimo ou Chronopost pour les livraisons à domicile ;
- votre propre livraison : si vous passez déjà en voiture dans les villages voisins le mardi, autant en profiter.
Vous n’êtes pas obligé de tout proposer. Commencez par ce qui est simple pour vous, et ajoutez le reste si les clients le demandent.
4. Parlez comme votre quartier
Pour que Google comprenne que vous êtes « le torréfacteur de Montélimar » et pas un site de café parmi d’autres, il faut le lui dire :
- citez votre ville et votre quartier sur la page d’accueil et dans la page de présentation ;
- décrivez vos produits avec les mots de vos clients : on cherche « bougie artisanale », pas « luminaire à combustion lente » ;
- écrivez une description différente pour chaque produit, même courte ;
- parlez de ce qui fait votre ancrage : producteurs du coin, fabrication à l’atelier, marchés où l’on vous trouve.
5. Faites revenir vos clients
Un client local, c’est un client qui peut revenir chaque semaine. Encore faut-il qu’il pense à vous :
- une newsletter de temps en temps : l’arrivage de la semaine, la nouvelle collection, la fermeture d’août ;
- les réseaux sociaux, avec un lien vers votre boutique à chaque publication ;
- un SMS pour les grandes occasions, sans en abuser : personne n’aime être réveillé par une promotion sur les chaussettes.
6. Acceptez les paiements que vos clients connaissent
Votre clientèle de quartier est variée. Certains paient avec leur téléphone, d’autres ont encore un chéquier dans le tiroir de l’entrée. Proposez la carte bancaire, PayPal, le virement et, pourquoi pas, le chèque. Chaque moyen de paiement en plus, c’est un client de moins qui abandonne son panier.
Les erreurs à éviter
- Attendre d’avoir tout le catalogue en ligne. Commencez avec vos 20 meilleurs produits, vous ajouterez les autres au fil de l’eau.
- Des photos sombres prises entre deux clients. Une fenêtre, la lumière du jour et un fond neutre suffisent.
- Des horaires ou des prix qui ne sont plus à jour. Le client qui se déplace pour rien ne revient pas.
- Une boutique en ligne cachée. Parlez-en en caisse, mettez l’adresse sur vos sacs, vos cartes de visite et votre vitrine.
Combien ça coûte ?
Beaucoup moins qu’on ne l’imagine. Avec 123Ventes, l’abonnement est de 29 € par mois, ou 319 € par an, sans commission sur vos ventes. Le retrait en magasin, les points relais, les paiements et la newsletter sont inclus. Vous configurez votre boutique sans limite de temps, et vous ne payez qu’au moment de la mettre en ligne.
Pour comparer avec les autres solutions, lisez notre guide sur le prix d’une boutique en ligne, ou notre comparatif Shopify et 123Ventes.
Conclusion
Vendre localement sur internet, ce n’est pas devenir un géant du e-commerce. C’est simplement ouvrir une deuxième porte à votre boutique, qui reste ouverte le soir et le dimanche. Vos clients sont déjà sur leur téléphone : autant qu’ils vous y trouvent.
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