Expédier des objets fragiles (céramique, verre) : emballage, transporteurs, assurance
Publié le 9 min de lecture L’équipe 123Ventes

Un bol qui arrive en trois morceaux, c’est une pièce perdue, un deuxième envoi à payer et un client déçu. Pour un céramiste, un verrier ou un épicier qui vend des bocaux, la casse est la grande peur de la vente en ligne. Bonne nouvelle : elle s’évite presque toujours.
Voici comment emballer, quel transporteur choisir, ce que l’assurance rembourse vraiment, et que faire le jour où un colis arrive cassé malgré tout.
Qui paie quand ça casse ?
Quand vous vendez à un particulier, la réponse est simple : c’est vous. Le Code de la consommation rend le vendeur responsable de la livraison jusqu’au moment où le client a le colis en main. Si la pièce arrive cassée, vous devez la remplacer ou la rembourser, et c’est à vous de vous retourner ensuite contre le transporteur. Une phrase de vos conditions de vente qui dirait le contraire n’aurait aucune valeur.
Autrement dit, un bon emballage ne sert pas seulement à faire plaisir au client : il protège votre marge.
Un transporteur peut refuser de rembourser une casse s’il estime que l’emballage était insuffisant. La vaisselle, la porcelaine et le verre sont justement les objets sur lesquels il regarde de près. Un colis bien fait, c’est aussi un dossier de réclamation solide.
Bien emballer : les 7 règles
- Emballez chaque pièce séparément. Papier bulle ou papier kraft, plusieurs tours. Le couvercle d’une théière, les tasses d’un service : chaque élément voyage dans sa propre protection, jamais en contact avec un autre.
- Remplissez l’intérieur. Un vase, un bol, une carafe : glissez du papier froissé à l’intérieur. Une pièce creuse résiste beaucoup mieux quand elle est pleine.
- Utilisez la méthode du double carton. La pièce emballée va dans un premier carton bien ajusté, et ce carton va dans un second plus grand, avec au moins 5 cm de calage sur les six faces. Le choc s’arrête dans le calage avant d’atteindre la pièce.
- Calez tous les vides. Papier kraft froissé, frisure de papier, chips de calage, coussins d’air : peu importe, du moment que rien ne bouge.
- Prenez un carton neuf et rigide. Un carton de récupération a déjà perdu une partie de sa résistance. Pour les bouteilles et les bocaux, les cartons à alvéoles sont faits pour ça.
- Fermez avec un ruban adhésif solide, en H : sur la fente du milieu et sur les deux bords, en haut comme en bas.
- Faites le test. Secouez le colis fermé : vous ne devez rien entendre bouger. Une pièce qui bouge est une pièce qui casse.
L’étiquette « Fragile » ne fait pas de mal, mais ne comptez pas dessus : les colis passent par des machines de tri, qui ne savent pas lire. C’est l’emballage qui protège, pas l’étiquette.
Prenez deux photos avant de fermer chaque colis fragile : la pièce dans son premier carton, puis le calage dans le second. Elles ne prennent que dix secondes et prouvent, en cas de réclamation, que l’emballage était fait dans les règles.
Céramique, verre, bouteilles : les cas particuliers
| Objet | Le point faible | La bonne pratique |
|---|---|---|
| Bol, assiette, tasse | Les bords et les anses | Papier bulle autour de l’anse d’abord, puis la pièce entière ; les assiettes debout sur la tranche, séparées par du carton |
| Vase, carafe, pichet | Le col et le bec | Remplir l’intérieur, protéger le col avec un manchon de papier bulle, caler le vase debout |
| Théière, pot à couvercle | Le couvercle qui bouge | Emballer le couvercle à part, jamais posé sur le pot |
| Verre soufflé, vitrail | Les chocs et la flexion | Double carton obligatoire ; un vitrail entre deux plaques de carton rigide, à plat |
| Bocaux, bouteilles | Le poids et les fuites | Carton à alvéoles, couvercles fermés au ruban adhésif, chaque pot dans un sachet fermé |
Pour les très grosses pièces, les jarres ou les services complets, la meilleure solution reste souvent de ne pas expédier : proposez le retrait à l’atelier ou une livraison par vos soins dans les environs.
Quel transporteur choisir ?
Plus un colis est manipulé, plus il a de chances de tomber. Le choix du transporteur dépend donc de la fragilité et de la valeur de la pièce :
| Mode de livraison | Pour quoi | À savoir |
|---|---|---|
| Colissimo à domicile | Pièces fragiles ou de valeur | Suivi, remise contre signature possible, assurance complémentaire jusqu’à 1 000 € |
| Point relais (Colissimo, Mondial Relay) | Petites pièces robustes, petits budgets | Moins cher, mais plus de manipulations ; indemnisation de base faible |
| Transporteur (DPD…) | Colis lourds, envois réguliers en nombre | Contrat à négocier, tarifs selon votre volume |
| Votre propre livraison | Grosses pièces, clients proches | Aucune casse en route, et un contact direct avec le client |
| Retrait à l’atelier | Tout ce qui est encombrant ou précieux | Gratuit pour le client, et il découvre vos autres pièces |
Rien ne vous oblige à choisir un seul mode : proposez par exemple le point relais pour les petites pièces, Colissimo pour le reste, et le retrait à l’atelier pour tout le monde. Le client choisit au moment de payer.

L’assurance : ce que vous touchez vraiment
C’est la mauvaise surprise de beaucoup de créateurs : l’indemnisation de base des transporteurs est calculée sur le poids du colis, pas sur la valeur de ce qu’il contient. Chez Colissimo, elle est de 23 € par kilo, avec un minimum de 5,75 € et un maximum de 690 €. Chez Mondial Relay, elle se limite à un petit forfait. Une céramique pèse peu pour ce qu’elle vaut :
| Exemple : un vase vendu 180 € | Montant |
|---|---|
| Poids du colis emballé | 1,2 kg |
| Indemnisation de base Colissimo : 1,2 × 23 € | 27,60 € |
| Ce que vous perdez si le vase casse, sans assurance | plus de 150 € |
| Assurance ad valorem jusqu’à 300 € | 5,90 € |
Pour couvrir la vraie valeur, Colissimo propose deux options, réservées aux envois remis contre signature :
- la recommandation : une indemnisation forfaitaire de 50 € ou de 200 €, pour quelques euros ;
- l’assurance ad valorem : la valeur réelle, jusqu’à 1 000 €, à condition de pouvoir la prouver avec une facture. En octobre 2026, comptez 5,90 € pour 300 €, 7,90 € pour 500 € et 12,90 € pour 1 000 €.
Ces tarifs changent régulièrement : vérifiez-les sur le site de La Poste au moment d’envoyer. Pour les autres transporteurs, lisez les conditions d’indemnisation de leurs options d’assurance avant de vous y fier.
Quand assurer ? Dès que la valeur de la pièce dépasse nettement l’indemnisation de base. Pour les petites pièces bon marché, beaucoup de créateurs préfèrent s’assurer eux-mêmes : ils comptent une petite part de casse dans leurs prix, et remplacent sans discuter les rares pièces cassées. Pour faire ce calcul, reprenez la méthode pour fixer le prix de ses créations.
Avec 123Ventes, vous cochez vos modes de livraison (Colissimo, point relais, votre propre livraison, retrait à l’atelier) et les frais se calculent selon le poids et la destination. 29,90 € par mois, sans commission.
Bien calculer ses frais de port
Un colis fragile est plus lourd et plus gros qu’on ne l’imagine : double carton, calage, papier bulle… Pour ne pas perdre d’argent sur chaque envoi :
- Pesez la pièce emballée, pas la pièce nue, et indiquez ce poids sur la fiche produit. C’est ce poids que le transporteur facture.
- Comptez le prix de l’emballage : cartons, calage et ruban adhésif peuvent coûter un à trois euros par colis. Mettez-le dans le prix de la pièce ou dans les frais de port, mais ne l’oubliez pas.
- Préparez une grille par zone et par poids : la France, l’Europe, le reste du monde, chacun avec ses tranches de poids. Vous pouvez aussi décider de ne livrer les pièces les plus fragiles qu’en France.
- Affichez l’assurance si vous la faites payer : un client qui voit « envoi suivi et assuré » accepte plus facilement deux euros de plus.
Le colis arrive cassé : que faire ?
- Demandez des photos au client : le carton fermé, le carton ouvert avec son calage, la pièce cassée. Demandez-lui de garder l’emballage tant que le dossier n’est pas réglé.
- Si le carton est visiblement abîmé à la livraison, le client peut le refuser ou noter des réserves précises auprès du livreur. Rappelez-le dans vos conditions de vente.
- Remplacez ou remboursez vite, sans attendre la réponse du transporteur. Un client bien traité après une casse revient, et en parle.
- Faites la réclamation auprès du transporteur avec le numéro de suivi, les photos et la facture. Les délais pour réclamer sont courts : faites-la dans les jours qui suivent la livraison.
- Tirez-en la leçon : si la même pièce casse deux fois, c’est l’emballage ou le transporteur qu’il faut changer.
Écrivez cette règle noir sur blanc dans vos conditions générales de vente, pour que tout le monde la connaisse avant de commander. Ce qu’elles doivent contenir est expliqué dans vendre ses créations en ligne : ce que dit la loi.
Emballage en double carton, Colissimo suivi pour les pièces de valeur, assurance ad valorem au-delà de ce que rembourse le poids, et retrait à l’atelier pour les pièces encombrantes : avec ces quatre réflexes, la casse devient rare.
Questions fréquentes
Comment emballer une céramique pour l’envoyer par la poste ?
Emballez la pièce seule dans du papier bulle, remplissez l’intérieur de papier froissé, placez-la dans un premier carton ajusté, puis dans un second carton plus grand avec au moins 5 cm de calage sur toutes les faces. Secouez le colis fermé : rien ne doit bouger.
Quel transporteur choisir pour un objet fragile ?
Pour une pièce fragile ou de valeur, préférez une livraison suivie à domicile comme Colissimo, avec remise contre signature et assurance. Le point relais, moins cher, convient mieux aux petites pièces robustes. Pour les grosses pièces, proposez le retrait à l’atelier ou votre propre livraison.
Combien rembourse Colissimo en cas de casse ?
Sans option, Colissimo indemnise de façon forfaitaire selon le poids : 23 € par kilo, entre 5,75 € et 690 €. Pour être remboursé de la vraie valeur, jusqu’à 1 000 €, il faut prendre l’assurance ad valorem, avec une remise contre signature et une facture pour prouver la valeur.
Qui est responsable si le colis arrive cassé ?
Quand vous vendez à un particulier, c’est le vendeur : il répond de la livraison jusqu’à ce que le client ait le colis en main. Vous remplacez ou remboursez la pièce, puis vous faites vous-même la réclamation auprès du transporteur.
L’étiquette « Fragile » protège-t-elle le colis ?
Très peu. Les colis passent par des machines de tri qui ne lisent pas les étiquettes. C’est l’emballage, en double carton bien calé, qui protège vraiment la pièce.
Conclusion
Expédier de la céramique ou du verre n’a rien d’un pari : un emballage soigné, le bon transporteur et une assurance à la hauteur de la pièce suffisent à rendre la casse rare. Et quand elle arrive quand même, une réponse rapide transforme un incident en client fidèle.
Chaque métier a ses particularités : voyez nos conseils pour potier et céramiste, pour épicerie fine et pour bougies artisanales, et tous les transporteurs disponibles sur la page modes de livraison.
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